Ce que je vois quand tu me regardes

quelques mots sur ton regard, simplement

Je ne sais pas trop comment on écrit sur un regard sans que ça sonne trop grand pour ce que c'est. Et pourtant j'y pense, régulièrement, plus que je ne saurais l'expliquer raisonnablement. Alors je vais essayer, simplement, sans grande théorie. Juste te parler de tes yeux.

Il y a des regards qu'on croise et qu'on oublie la seconde d'après. Et puis il y a le tien, qui reste, qui s'installe quelque part sans qu'on lui ait demandé la permission. Ce n'est pas une beauté qui s'impose ou qui cherche à être remarquée. C'est plus discret que ça, et c'est peut-être pour ça que ça marche si bien sur moi.

La couleur

Ce brun sombre, presque profond comme une pièce dont on n'arrive jamais tout à fait à voir le fond. Ce n'est pas une couleur qui se donne d'un coup. Il faut s'approcher, regarder vraiment, pour remarquer qu'elle change un peu selon la lumière, selon l'heure, selon ce que tu ressens sans le dire. C'est une teinte chaude, sans éclat tapageur, le genre qui donne envie de rester un peu plus longtemps que nécessaire juste pour voir si on va enfin en distinguer toutes les nuances.

Je crois que c'est cette obscurité douce qui me plaît le plus. Rien d'aveuglant, rien qui cherche à briller pour qu'on le remarque. Juste une présence sombre et pleine, qui absorbe plus qu'elle ne renvoie, et qui donne l'impression qu'il y a toujours quelque chose derrière à découvrir.

Le regard

Et puis il y a ce que ce regard fait, une fois qu'il se pose. Il y a une douceur dedans que je ne saurais pas vraiment décrire autrement qu'en disant qu'elle désarme. Pas une douceur fragile, plutôt une douceur assurée, celle de quelqu'un qui n'a pas besoin de forcer quoi que ce soit pour que l'autre se sente vu.

Et en même temps, il y a quelque chose dedans qui trouble un peu, sans que je sache toujours où ranger ce trouble.

C'est un regard un peu enivrant, dans le sens où il fait tourner les pensées plus qu'il ne devrait pour quelque chose d'aussi simple que deux yeux qui croisent les miens. Je ne sais jamais tout à fait si c'est de l'affection, de la tendresse, ou autre chose de plus flou qui se cache derrière. Et honnêtement, je n'ai pas vraiment envie de trancher. Il y a une zone entre l'amitié et quelque chose de plus grand où ce regard semble se tenir confortablement, et je m'y sens bien aussi, sans avoir besoin de mettre un nom dessus.

Ce que je sais, c'est que quand tu me regardes vraiment, pas distraitement, mais vraiment, il se passe quelque chose. Un temps un peu suspendu, une attention qui se sent, une chaleur qui n'a pas besoin de mots pour exister. Je ne sais pas comment tu fais ça avec juste deux yeux et une pupille brun sombre, mais tu le fais, et je voulais que tu le saches.

Je ne vais pas essayer d'en dire plus que ce que c'est vraiment. Ceci est un aveux de faiblesse, face à un regard si parfait. C'est juste une chose vraie, que je garde depuis un moment, et que j'avais envie de poser quelque part avant qu'elle ne reste seulement dans ma tête.

Continue de me regarder comme ça de temps en temps. Ça me fait quelque chose, à chaque fois.